mercredi 13 février 2013

Bernadette Laclais, députée de conviction

Les députés de l'Assemblée nationale se sont prononcés hier en faveur du mariage pour tous après 15 jours de débat plus ou moins houleux et de qualité. Pour la plus part des votes, les élus ont respecté les consignes de leur parti ainsi 329 on voté pour, 229 contre et 10 se sont abstenus (5 UMP, 5 PS). En Rhône-Alpes, les députés n'ont pas dérogé à la règle par leur vote, à part la députée socialiste, maire de Chambéry qui a voté contre cette loi, conformément à ce qu'elle avait dit depuis le début (lire par ailleurs dans le blog), en arguant qu'il s'agissait d'un vote de conviction. Bernadette Laclais ne fait donc pas partie de ces députés dits "godillots". Mais qui en aurait douté quand on connait cette femme de caractère.
Mardi 12 février, après 15 jours de débat à l'Assemblée
nationale, les députés se sont prononcés en faveur
du mariage pour tous. 
Les résultats par département
Ain : Damien Abad (UMP) contre ; Etienne Blanc (UMP) contre ; Xavier Breton (UMP) contre ; Charles de la Verpillière (UMP) contre ; Michel Voisin (UMP) contre.
Ardèche : Sabine Buis (PS) pour ; Olivier Dussopt (PS) pour ; Pascal Terrasse (PS) pour.
Drôme : Patrick Labaune (UMP) contre ; Hervé Mariton (UMP) contre ; Nathalie Nieson (PS) pour ; Franck Reynier (UDI) contre.
Isère : Jean-Pierre Barbier (UMP) contre ; Marie-Noëlle Battistel (PS) pour ; Erwann Binet (PS) pour ; Michèle Bonneton (EELV) pour ; François Brottes (PS) pour ; Michel Destot (PS) pour ; Joëlle Huillier (PS) pour ; Michel Issindou (PS) pour ; Alain Moyne-Bressand (UMP) contre ; Olivier Véran (PS) pour.
Rhône : Yves Blein (PS) pour ; Thierry Braillard (PRG) pour ; Philippe Cochet (UMP) contre ; Pascal Crozon (PS) pour ; Georges Fenech (UMP) contre ; Hélène Geoffroy (PS) pour ; Christophe Guilloteau (UMP) contre ; Philippe Meunier (UMP) contre ; Pierre-Jean Muet (PS) pour ; Dominique Nachury (UMP) contre ; Bernard Perrut (UMP) contre ; Michel Terrot (UMP) contre ; Jean-Louis Touraine (PS) pour ; Patrice Verchère (UMP) contre.
Savoie : Dominique Dord (UMP) contre ; Hervé Gaymard (UMP) contre ; Bernadette Laclais (PS) contre ; Béatrice Santais (PS) pour.
Haute-Savoie : Bernard Accoyer (UMP) contre ; Sophie Dion (UMP) contre ; Virginie Duby-Muller (UMP) contre.

lundi 11 février 2013

La députée maire PS de Chambéry pourrait
voter contre le mariage pour tous. 
Mariage pour tous, Bernadette Laclais pourrait voter contre
En Rhône-Alpes, si tout le monde connait le positionnement du député maire drômois UMP Hervé Mariton sur le mariage pour tous, tant il s'est fait le chantre du NO PASARAN, en revanche on sait moins que la députée maire socialiste de Chambéry, ex conseillère régionale, Bernadette Laclais en appelle à la liberté de conscience sur ce projet de loi. Dans une tribune adressée au Monde il y a quelques semaines, elle annonçait qu'elle ne voterait pas ce texte en l'état, soulignant sa réserve sur la question de l'adoption. Et de rappeler que ce qui prévaut avant tout ici c'est la promotion du bien être de l'enfant. "La référence unique à la famille père-mère-enfants se trouve dépassée par l'évolution de la société, c'est un fait. Pour autant, peut-elle être réduite à une revendication de droits ou d'égalité ?". Elle propose "de s'en tenir à une nouvelle avancée par rapport au Pacs, qui permettrait l'union  entre personne de même sexe, sans ouvrir de droits nouveaux en matière d'adoption et donc de parentalité ?". Et d'argumenter enfin que "chacun sur ce sujet se voit reconnaître la liberté de vote. La responsabilité du député est de voter la loi et soutenir sa majorité. C'est aussi sur de telles questions qui procèdent d'une dimension anthropologique, de faire valoir son intime conviction".
Une voix dissidente à gauche, qu'on ne lui connaissait pas quand elle était à la Région. Une position honnête qui répond à un questionnement personnel. Elle a eu quinze jours pour se forger une opinion.
Demain, elle devra donc faire valoir son intime conviction.
Pavillon de Shanghai : de la comm de luxe ?
Eric Piolle, le chevalier "vert" des comptes
de la Région Rhône-Alpes ? (photo EELV)
Voilà des mois, que le pavillon représentant la région Rhône-Alpes construit lors de l'exposition universelle qui s'est déroulée à Shanghai du 1er mai au 31 octobre 2010, suscite les débats au sein de l'assemblée régionale. Dans un premier temps, de manière informelle, avec des bruits de couloir faisant remonter des dépenses somptueuses en représentation et frais de voyage. Puis de manière insistante au point que certains élus s'en émeuvent et réclament des comptes. Souvent d'ailleurs dans la bouche d'Eric Piolle, le conseiller régional de l'Isère écologiste. Il rappelle que ce pavillon a coûté environ 8 millions d'euros dont 50% payés par le Conseil régional et l'autre moitié par Shanghai. Qu'il appartient aujourd'hui entièrement à la société (chinoise) gérant le parc d'exposition et que ses occupants, à savoir l'Institut Bocuse et le satellite régional Erai, qui fait la promotion des entreprises rhônalpines, paient une location pour occuper ces lieux. D'ailleurs les coûts de fonctionnement étant trop élevés, Erai a demandé à la Région de reprendre à sa charge ses frais (estimés autour d'un million d'euros). Un système, selon Eric Piolle, qui permet de "cacher de la dette". Du côté de l'opposition, le groupe UCD et apparentés est aussi monté au créneau lors de la dernière session plénière (fin janvier) en revenant sur son premier vote de décembre où il disait qu'il voterait la subvention de 1 million d'euros si la Région s'engageait par ailleurs à en faire l'économie sur un autre poste. L'économie n'ayant pas été apportée, les élus de droite ont donc voté contre cette subvention lors de cette session. Mais comme en matière d'intérêt général, la politique n'est rarement bonne conseillère, les mêmes écologistes qui décrient la manoeuvre de la majorité (dont ils font partie) a caché les problèmes de ses satellites à rembourser leurs dettes, ont voté pour la subvention. Comprenne qui pourra ?
D'autant qu'Eric Piolle dénonce d'autres systèmes du même genre notamment avec le financement des annuités de la dette du Smerg, le syndicat qui gère le futur espace de restitution de la grotte Chauvet en Ardèche. Là encore, la Région, qui participe déjà au financement  de ce syndicat à hauteur d'un tiers, servirait de financeur de substitution. "La Région n'emprunte pas aux mêmes taux que le Smerg, elle rembourse donc des emprunts contractés à 4,90% alors qu'elle pourrait faire des économies si elle avait emprunté en son nom. C'est un moyen de cacher de la dette". Eric Piolle met en garde Hervé Saulignac, le vice-président du Conseil régional et tout nouveau président du Conseil général de l'Ardèche, contre toute tentative de cacher ce montage financier. Et assure qu'il continuera à veiller sur ces sujets.

jeudi 31 janvier 2013

Patrice Voir (FDG), revient au conseil régional après le départ
de Thierry Braillard (PRG). Il avait déjà occupé ce poste de
conseiller régional de 1998 à 2010.
D'un groupe à l'autre
Les dernières élections législatives avaient fait bouger les lignes en faisant monter de nouveaux élus à la région... cela avait été le cas après le départ de la jeune députée drômoise Nathalie Nieson qui avait laissé sa place à une élue EELV (panachage des listes). Cette fois-ci le départ de Thierry Braillard (conseiller régional PRG) après que son recours l'a confirmé dans son mandat de député, modifie la donne des groupes de la majorité. Son successeur sur la liste est un élu communiste de l'Isère, Patrice Voir, qui a donc rejoint son groupe d'appartenance, le Front de gauche, le faisant passer de 10 à 11 membres. Problème c'est que le départ de Thierry Braillard a mis à mal son groupe qui en le perdant se trouve en nombre insuffisant pour se maintenir en tant que tel (un groupe devant être composé d'au moins cinq élus). S'offrait alors deux solutions, que le groupe PS-PRG fusionne comme c'est le cas dans d'autres régions, ou qu'un élu du groupe de la majorité "se sacrifie" pour rejoindre le groupe PRG et lui permette de maintenir son existence. Il semblerait qu'il n'y ait pas eu de sacrifice à faire, selon le président du groupe PS, Jérôme Safar, puisque une de leurs élus a bien voulu jouer les transfuges. Christiane Farigoule, élue de la Loire, rejoint donc le groupe PRG qui conserve ainsi son statut. Enfin, Jérome Safar, qui vient de prendre la première vice-présidence de Grenoble-Alpes métropole, et par ailleurs premier adjoint à la mairie de Grenoble, a démissionné de son mandat de président du groupe PS à la Région. C'est un autre élu de l'Isère qui prendra le relais, après une élection en règle qui s'est déroulée aujourd'hui, jeudi 31 janvier. Il s'agit de Philippe Reynaud l'emportant de 26 voix contre 20 à son opposant Otman El Harti, élu ligérien. Michèle Eybalin, élue de la Drôme, quant à elle assumera le rôle de coprésidente. Cette nouvelle organisation prendra ses fonctions le 15 février prochain.
96 amendements au vote budgétaire 
Il n'y a pas qu'à l'Assemblée nationale qu'on discute point par point de l'ordre du jour, à la région Rhône-Alpes aussi. Ici c'est le mariage des chiffres qui fait débat avec le vote du budget 2013 s'élevant pour mémoire à 2,46 milliards d'euros. Le président socialiste Jean-Jack Queyranne a maille à partir avec son assemblée qui cherche via des amendements, à obtenir, et selon le camp politique, des changements de lignes budgétaires. Des amendements qui pourraient disparaitre, suite à une remarque faite par le frontiste Bruno Gollnisch (professeur de droit) sur une question de règlement non respectée. A savoir que pour pouvoir attribuer une augmentation il faut pouvoir prouver qu'une économie du même montant a été faite par ailleurs. Or il semblerait que les demandes des autres groupes n'aient pas répondu à cette gageure. Pour le chef de file du FN "la méconnaissance du règlement intérieur par un groupe n'autorise pas sa violation par les autres groupes". Une suspension de séance a été requise, suffira-t-elle a lever toute ambiguité ?

mercredi 30 janvier 2013

Sabine Buis, députée
 conseillère régionale Rhône-Alpes.
Sabine Buis n'est pas à Paris
Aujourd'hui, les députés conseillers régionaux ne sont pas en session plénière à Lyon et pour cause, ils débattent du mariage pour tous et ce pendant deux semaines week-end compris. A l'exception de l'élue PS ardéchoise, Sabine Buis, qui semble avoir préféré le débat budgétaire régional au grand débat national et pour l'avoir vue dans les couloirs de Confluence aujourd'hui. Mais ce genre de dilemme qui se pose aux élus sera bientôt résolu avec la loi sur le cumul des mandats qui devrait être votée en 2015 (après les municipales et les sénatoriales)*. Mais encore faudra-t-il être dans l'hémicycle pour la voter.
*Peut-être plutôt selon des parlementaires PS qui imaginent un vote à l'automne 2013. Reste à savoir si cela s'appliquera aux élections de 2014.
La Région Rhône-Alpes vote son budget 2013
C'est parti pour trois jours de débat autour du budget 2013
pour les 156 conseillers régionaux. 
Les 156 conseillers régionaux de la Région Rhône-Alpes sont en assemblée plénière pendant trois jours (les 30, 31 janvier et 1er février) pour voter le budget 2013. Budget qui s'élève à 2,46 milliards d'euros dont 792 millions destinés à l'investissement le reste pour le fonctionnement des actions régionales. Les deux gros postes se partageant à eux seuls presque la moitié du budget : les transports (600 millions) et les lycées (558 millions). Reste à savoir ce que feront les différents groupes lors des votes. La crainte pour la majorité venant toujours de son aile verte. C'est ce que nous saurons au terme de trois jours de débat sous la houlette du président Jean-Jack Queyranne.