lundi 11 février 2013

Pavillon de Shanghai : de la comm de luxe ?
Eric Piolle, le chevalier "vert" des comptes
de la Région Rhône-Alpes ? (photo EELV)
Voilà des mois, que le pavillon représentant la région Rhône-Alpes construit lors de l'exposition universelle qui s'est déroulée à Shanghai du 1er mai au 31 octobre 2010, suscite les débats au sein de l'assemblée régionale. Dans un premier temps, de manière informelle, avec des bruits de couloir faisant remonter des dépenses somptueuses en représentation et frais de voyage. Puis de manière insistante au point que certains élus s'en émeuvent et réclament des comptes. Souvent d'ailleurs dans la bouche d'Eric Piolle, le conseiller régional de l'Isère écologiste. Il rappelle que ce pavillon a coûté environ 8 millions d'euros dont 50% payés par le Conseil régional et l'autre moitié par Shanghai. Qu'il appartient aujourd'hui entièrement à la société (chinoise) gérant le parc d'exposition et que ses occupants, à savoir l'Institut Bocuse et le satellite régional Erai, qui fait la promotion des entreprises rhônalpines, paient une location pour occuper ces lieux. D'ailleurs les coûts de fonctionnement étant trop élevés, Erai a demandé à la Région de reprendre à sa charge ses frais (estimés autour d'un million d'euros). Un système, selon Eric Piolle, qui permet de "cacher de la dette". Du côté de l'opposition, le groupe UCD et apparentés est aussi monté au créneau lors de la dernière session plénière (fin janvier) en revenant sur son premier vote de décembre où il disait qu'il voterait la subvention de 1 million d'euros si la Région s'engageait par ailleurs à en faire l'économie sur un autre poste. L'économie n'ayant pas été apportée, les élus de droite ont donc voté contre cette subvention lors de cette session. Mais comme en matière d'intérêt général, la politique n'est rarement bonne conseillère, les mêmes écologistes qui décrient la manoeuvre de la majorité (dont ils font partie) a caché les problèmes de ses satellites à rembourser leurs dettes, ont voté pour la subvention. Comprenne qui pourra ?
D'autant qu'Eric Piolle dénonce d'autres systèmes du même genre notamment avec le financement des annuités de la dette du Smerg, le syndicat qui gère le futur espace de restitution de la grotte Chauvet en Ardèche. Là encore, la Région, qui participe déjà au financement  de ce syndicat à hauteur d'un tiers, servirait de financeur de substitution. "La Région n'emprunte pas aux mêmes taux que le Smerg, elle rembourse donc des emprunts contractés à 4,90% alors qu'elle pourrait faire des économies si elle avait emprunté en son nom. C'est un moyen de cacher de la dette". Eric Piolle met en garde Hervé Saulignac, le vice-président du Conseil régional et tout nouveau président du Conseil général de l'Ardèche, contre toute tentative de cacher ce montage financier. Et assure qu'il continuera à veiller sur ces sujets.

1 commentaire:

  1. 1°/ Nous n’avons pas d’hostilité de principe sur l’action d’ERAI (hors pavillon de Shanghai), nous saluons les efforts faits ces dernières années et sommes conscients du travail de rénovation encore à accomplir. D’où le vote positif de la subvention de 7 M€ (indépendant du sort réservé à notre amendement la veille).

    2°/ L’objectif de notre amendement sur la vente de Shanghai était triple : 1. Obtenir que le conseil régional s’engage à ne pas avoir de pavillon Rhône-Alpes lors des prochaines expositions universelles. 2. Obtenir des clarifications sur le bilan financier global de l’opération Shanghai, véritable nébuleuse. 3. Que le conseil régional s’engage à réduire les coûts de sa présence à Shanghai. S’agissant de notre amendement : nous ne voulons plus de pavillon RA dans une expo universelle quelle qu’elle soit.

    Nous avons obtenu gain de cause sur le premier point, avec un engagement clair. Nous avons également obtenu l’engagement que le conseil régional fera un bilan financier global de l’opération et regardera la solution la plus adaptée aux besoins de la présence régionale à Shanghai.
    Nous avons entendu que la vente immédiate de l’ERA à Shanghai était juridiquement impossible. Cela met au grand jour une situation encore plus ubuesque, puisque le conseil régional a financé, d’abord via son satellite ERAI et maintenant directement depuis la reprise de l’emprunt en décembre, la moitié de la construction d’un bâtiment dont elle n’est pas propriétaire.

    Devant cette situation juridique mise au jour, et au regard des engagements pris par l’exécutif en séance, nous avons retiré notre amendement jeudi à l’issue du débat. Mais nous ne lâcherons pas, continuerons à dénoncer le montage financier ubuesque (comme celui du syndicat mixte la grotte Chauvet) et ferons en sorte que ce gouffre financier cesse au plus vite.

    3°/ Nous déplorons les financements croisés par le conseil régional de plusieurs structures pour les mêmes actions, d’où notre amendement sur les PDI des pôles et clusters (véritables doublons avec les actions d’ERAI). Rejeté à notre grand regret.

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